LIVRES
Une autre île d’Orléans
Jean O’Neil, Une autre île d’Orléans, récits, Libre Expression, Montréal 2006, 238 p.
Dans ce livre savoureux, Jean O’Neil nous présente l’île d’Orléans d’une manière bien personnelle et peu ordinaire. C’est à travers des personnages de l’île, des villages, des églises, des métiers, qu’il nous fait découvrir l’île, ses rivages, sa mer, son pont et surtout ses « néo-natifs » qu’il oppose aux « étrangers » venus s’établir sur cet « hippopotame » qui dort au milieu du fleuve.
Ce livre se lit comme un roman et son auteur nous fait aimer cette île patrimoniale. Si vous avez déjé visité l’île, vous allez facilement reconnaître bien des endroits décrits par O’Neil. De plus, l’auteur a une plume savoureuse, imagée, vivante, ce qui ajoute de l’agrément à la lecture.
À lire par ceux qui aiment l’île et par les autres qui découvriront cette perle du Saint-Laurent.Retour au sommaire
==================RÉJEAN THOMAS, Médecin de coeur, homme d’action
Luc BOULANGER, Réjean Thomas, Médecin de coeur, homme d’action, Les Éditions Voix parallèles, Montréal 2008, 235 p.
Le docteur Réjean Thomas est bien connu. Sa clinique L’Actuel à Montréal soigne des milliers de patients atteints de maladies transmises sexuellement (MTS) et notamment du sida. Fondateur de la section montréalaise de Médecins du Monde, il est reconnu pour son humanisme à travers le monde. Excellent communicateur, il est régulièrement invité par les médias pour donner son opinion sur diverses questions d’actualité.
Le journaliste Luc Boulanger nous présente une biographie, simple mais bien étoffée, de cet homme aux multiples facettes. La simple énumération des titres des différents chapitres de son livre nous en donne une bonne idée : l’enfant, le médecin, le combattant, l’idéaliste, l’humaniste, le rebelle, le mondain, l’ami, l’acadien. L’auteur a le grand mérite de faire parler le docteur régulièrement, ce qui rompt la monotonie qu’aurait pu engendrer une simple biographie du personnage.
Le docteur Thomas apparaît comme un homme vrai et libre. C’est un travailleur à temps plein. Il aime la vie et par-dessus tout aime les gens, particulièrement ceux que la vie a blessés, qu’ils vivent à Montréal ou en Haîti ou ailleurs dans le monde. Le sous-titre du livre le décrit fort bien : médecin de coeur et homme d’action.Retour au sommaire
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38 ANS DERRIÈRE LES BARREAUX
France PARADIS, 38 ans derrière les barreaux, L’histoire du père Jean, Novalis 2008, 150 p.
Le Père Jean, André Patry de son nom de famille, fut aumônier du Centre de détention de Montréal, communément appelé Bordeaux, durant 38 ans. Il faut le faire!!
Je connais bien André pour l’avoir rencontré dans les nombreuses réunions d’aumôniers de prison alors que j’étais moi-même aumônier à St-Hyacinthe et à Cowansville. Je suis également allé quelques fois visiter certains de mes « paroissiens » transférés à Bordeaux et, par la même occasion, j’ai rencontré le Père Jean dans son bureau. Je garde un excellent souvenir de son accueil chaleureux et fraternel et de sa disponibilité à toute épreuve.
Le livre, rédigé par une amie d’André et bénévole à Bordeaux, France Paradis, rend bien compte à la fois de la personnalité exceptionnelle du Père Jean et du milieu carcéral particulier où il a œuvré durant toutes ces années. André est un être à la fois fort et fragile, courageux et déterminé, grand croyant et grand espérant. C’est surtout un être passionné... de Dieu, des gens qui croisent son chemin et particulièrement des détenus. C’est un grand amoureux : l’Évangile et divers témoins qu’il a rencontrés lui ont fait découvrir, de façon absolue et irréversible, que Dieu est Amour, qu’Il aime tout le monde de façon inconditionnelle et particulièrement les blessés de la vie et d’une manière toute spéciale ceux qu’on montre souvent du doigt comme des pécheurs publics. Son ministère pastoral auprès des personnes incarcérées le démontre éloquemment : durant ces 38 années, il s’est employé, avec sa personnalité et son charisme particuliers, à être le témoin ardent de cet amour du Seigneur. C’est ce qui lui a permis de poursuivre cette tâche pastorale unique avec tant de conviction et de succès.
L’auteure de cette biographie, France Paradis, est, on le sent bien, une grande admiratrice et amie du Père Jean. Elle a su nous communiquer non seulement cette admiration mais aussi cette image biblique fondamentale d’un Dieu-Amour qui s’est si bien incarné dans la personne de ce pasteur hors du commun.
Ce livre est à lire non seulement pour découvrir la personnalité d’André et mieux connaître le milieu carcéral et les personnes qui l’habitent, mais surtout pour approfondir et peut-être même modifier notre regard sur Dieu.Retour au sommaire
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DROGUES ET ADOS, CONNAÎTRE POUR MIEUX COMPRENDRE
Maxime TÉTREAULT, Drogues et ados, Connaître pour mieux comprendre, Les Éditions JKA, Saint-Pie 2008, 40 p.
Maxime Tétreault est un élève d’une école secondaire de St-Hyacinthe. Il a seize ans. Il ne consomme pas. Mais, constatant que l’utilisation de drogues est un phénomène largement répandu chez les adolescents, il a décidé, dans un essai, de comprendre cet engouement. Aidé et encouragé par ses parents et son superviseur, il a donc rédigé un texte d’une quarantaine de pages sur la question.
Certes, il ne faut pas s’attendre à une thèse de doctorat. Cependant, la recherche de l’auteur est fort intéressante et fort instructive. Non seulement il nous apprend, statistiques à l’appui, que la consommation de drogues comme le cannabis (pot), les amphétamines et l’ectasy, est forte chez les adolescents, mais que ceux-ci sont largement influencés par leur groupe d’appartenance. Chez les ados, « le NOUS est plus fort que le JE ». Certains, dont l’estime de soi est faible, sont plus facilement influençables et ont besoin de « faire comme tout le monde ». Une entrevue avec un intervenant en toxicomanie, Yvan Pion, complète sa recherche.
L’ouvrage est bien écrit. L’auteur a du style et du vocabulaire. Il s’exprime simplement et clairement. Et surtout le texte a l’avantage d’être écrit par un adolescent pour des adolescents. Mais il sera également utile aux parents et autres éducateurs.
Bravo à Maxime pour ce service aux jeunes et à la société et bon succès pour la suite!Retour au sommaire
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COMMENT LES RICHES DÉTRUISENT LA PLANÈTE
Hervé KEMPF, Comment les riches détruisent la planète, L’histoire immédiate, Seuil 2007, 150 p.
Voici un petit livre percutant qui ne plaira pas à tout le monde, notamment aux capitalistes et aux riches, mais qui fait réfléchir. Hervé Kempf n’est pas le dernier venu en journalisme : il a fondé Reporterre, travaillé au Courrier international et à la Recherche et écrit maintenant pour Le Monde. De plus, il publie au Seuil qui n’est pas le dernière maison d’édition. Ces références donnent déjà une crédibilité certaine à ses dires.
Que dit-il? Il affirme que la croissance effrénée, engendrée par les objectifs du néo-libéralisme, et l’appétit non moins grand des riches de ce monde, individus et pays, sont en train d’épuiser la planète. On fait de la surpêche de sorte que des espèces sont soit en voie de disparition soit incapables de se reproduire suffisamment pour compenser les pertes; on puise l’eau des nappes phréatiques au-delà de leur capacité de se renouveler, etc. La société de production produit de plus en plus, crée des besoins artificiels, encourageant à consommer de plus en plus, ce qui appauvrit la planète inutilement. Si les riches, individus et pays, ne mettent pas un frein à leur désir de s’enrichir toujours davantage, on court directement à la catastrophe. De plus, les pays riches, qui se disent démocratiques, le sont de moins en moins, étant gouvernés par des riches pour des riches : ils sont davantage ploutocratiques (ploutos - riche) que démocratiques (demos - peuple). Enfin, les pauvres, notamment ceux du Sud, vont de plus en plus envahir le Nord et ce ne sont pas les barrières des lois ou de béton qui vont les en empêcher.
Il faut donc de toute urgence repenser la gouverne du monde, résister à l’ambition démesurée des riches et utiliser les ressources limitées de notre planète pour assurer un environnement plus sain, une meilleure alimentation à la population mondiale et une véritable mondialisation de la richesse.
Kempf lance un cri d’alarme qui fera sans doute réfléchir certains et rager les autres. Ce cri est le cri des pauvres et celui de l’appauvrissement progressif, tant sur le plan des ressources, de la répartition de l’argent que de l’environnement. Sera-t-il entendu? On verra bien.Retour au sommaire
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JE N’AURAI PAS LE TEMPS
Hubert REEVES, Je n’aurai pas le temps, Seuil 2008, 345 p.
Qui n’a pas entendu à la radio ou à la télévision le célèbre astrophysicien Hubert Reeves? Qui n’a pas lu l’un ou l’autre de ses livres ou de ses articles dans les journaux locaux?
Parvenu à un âge vénérable, il a décidé de rassembler ses souvenirs et de nous raconter sa vie, sa famille, ses amours, ses travaux scientifiques, ses émotions aussi et son idée sur la religion. L’auteur a une plume facile et agréable même quand il traite de sujets scientifiques. C’est un excellent vulgarisateur. Il parle avec clarté et franchise, n’ayant rien à cacher ni à perdre. C’est un homme attachant qui, même a quatre-vingts ans, n’a rien perdu de la fraîcheur de sa pensée et de son émerveillement devant les beautés et les richesses de l’univers.
À lire. Pour nous émerveiller nous aussi et nous pâmer devant l’immensité et la complexité de l’univers tout autant que de découvrir un chercheur qui n’a jamais cessé d’être passionné par la nature.============
« Appelez-moi Pops »
Katia MOSKVITCH, Le bon Dieu dans la rue, « Appelez-moi Pops », Éditions La Semaine 2008, 207 p.
Ce petit livre, qui se lit tout d’une traite, veut raconter la vie d’Emmett Johns, ce prêtre montréalais d’origine irlandaise, mieux connu sous le nom de Pops et célèbre par son action auprès des jeunes de la rue. L’auteure nous fait connaître son héros du début de sa vie jusqu’à ses soixante-dix-neuf ans bien sonnés en passant par sa famille, ses études, des divers ministères pastoraux, sa dépression, pour arriver à l’oeuvre de sa vie, Le bon Dieu dans la rue, et même nous parler de sa conception de la vie après la mort.
Le livre se lit facilement. Il est rempli d’anecdotes qui nous font connaître différentes facettes de la personnalité de ce pasteur extraordinaire : son caractère pas toujours facile, sa générosité sans borne, sa capacité énorme d’écoute, son amour de Dieu et des pauvres. Cette biographie nous montre comment un pasteur peut se laisser guider par les événements qui marquent sa vie et qui sont autant de signatures de Dieu, et comment, finalement, Dieu sait se servir d’un bon serviteur pour le plus grand bien des plus petits. À cet égard, l'anecdote racontée au tout début du livre au sujet de ce jeune et de son chien, trouvés gelés dans un abri d'autobus par Pops, est significative de la personnalité de ce pasteur hors pair.
Deux remarques. Premièrement, j’aurais souhaité personnellement que le livre s’attarde davantage sur l’oeuvre de Pops auprès des jeunes de la rue. L’auteure n’y consacre finalement qu’une cinquantaine de pages sur deux cents. Deuxièmement, j’aurais aimé qu’elle nous explique pourquoi au fil des années le nom de l’oeuvre Le Bon Dieu dans la Rue a été amputé du Bon Dieu pour devenir simplement Dans la rue. Est-ce parce que Le Bon Dieu en rebutait quelque-uns, qu’il n’était pas assez « vendable »? Je ne sais pas. Pourtant, l’allusion explicite au Bon Dieu était formidable en deux sens : elle indiquait l’amour immense du Bon Dieu pour les petits, les pauvres, les jeunes de la rue, à travers l’action de Pops et de son équipe, et elle soulignait, en référence au beau chapitre 25 de l’évangéliste Matthieu (« J’avais faim, j’avais soif...), que le Bon Dieu s’identifie dans ces jeunes même drogués, alcoolisés, abandonnés, malades, et qu’il est précisément Dans la rue.
Ce livre est à lire pour découvrir, une fois de plus après monsieur Vincent, Marguerite d’Youville, François d’Assise, Teresa, le Père Damien, et bien d’autres, comment Dieu aime les petits, les laissés-pour-compte, à travers des témoins de la trempe de Pops.Retour au sommaire
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De la difficulté d’évoquer Dieu dans un monde qui pense ne pas en avoir besoin
Oscar Rodriguez MARADIAGA, De la difficulté d’évoquer Dieu dans un monde qui pense ne pas en avoir besoin, Robert Laffont 2008, 295 p.
Le Cardinal archevêque de Tegucigalpa, Honduras, Oscar Rodriguez Maradiaga, est tout un personnage. Il parle couramment cinq langues et joue de cinq instruments de musique. Il fait du conditionnement physique durant une heure tous les matins : il n’a pas de troubles de cœur ni de tension artérielle. On le disait papable au dernier conclave qui a élu Benoît XVI. C’est un pasteur qui n’a pas la langue dans sa poche ni les mains dans le dos : il parle, il annonce l’évangile et dénonce les abus des gouvernements en place et des riches, il met sur pied des organismes de défense des femmes de son pays, d’aide aux démunis de son peuple. Il intervient régulièrement sur les tribunes internationales pour promouvoir le développement des peuples des pays émergents ou des tiers et quart-mondes, car pour lui le nouveau nom de la paix c’est le développement. C’est un prophète des temps modernes, un homme qui n’a pas peur de se mouiller au nom de sa foi au Christ.
Cet homme hors du commun a été interviewé par Eric Valmir. Et le compte-rendu de ces entrevues a été réuni dans un livre clair, courageux et puissant, qu’il faut lire absolument. La pensée et l’action de ce pasteur, tout centré sur l’Évangile et l’amour de Dieu, de l’Église et des gens particulièrement des plus pauvres, est une véritable inspiration non seulement pour les pasteurs d’aujourd’hui mais aussi pour les chrétiens et même les non-chrétiens, en somme pour toute personne qui a à cœur le développement des peuples, le bien des personnes et la paix tant dans le cœur des gens que dans le monde.Retour au sommaire
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FÉLIX LECLERC, Filou, le troubadour
Marguerite PAULIN, Félix Leclerc, Filou, le troubadour, XYZéditeur, Montréal 1998, 181 p.
Voici une biographie de Félix à la fois simple et complète. De plus, elle est écrite au « je », même si l’auteure n’est pas notre troubadour québécois. Cette façon de raconter donne à la vie de Félix un ton personnel, presque confidentiel, qui rend la lecture d’autant plus intéressante.
Félix se raconte depuis les débuts dans la ville de LaTuque qu’il a aimée, depuis sa famille, son père qui tenait un magasin général et sa mère qui lui répétait qu’il avait une âme de poète. Puis, c’est le travail dans les stations de radio, notamment de Radio-Canada, les premiers écrits (contes, fables, nouvelles, théâtre), les amitiés en particulier avec Guy Maufette. Arrive dans la vie une femme, Andrée, avec qui il aura un enfant, Martin.Mais c’est Canetti, le grand imprésario français qui lui ouvre toutes grandes les portes de Paris puis de la France et, en même temps, de la renommée. Félix raconte brièvement sa rupture avec Andrée et sa nouvelle vie avec Gaétane, avec qui il aura deux enfants, Francis et Nathalie. Félix est croyant, cela se voit presque à toutes les pages, mais sa foi est individualiste. Enfin, il prend racine à l’île d’Orléans qu’il chantera dans son fameux Tour de l’Île, son testament spirituel et patriotique.
Cette biographie nous fait aimer ce poète de chez nous, cet écrivain, ce chansonnier, et nous donne le goût de le lire et de l’écouter encore davantage.
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===============LE ROYAUME CACHÉ
Éloi LECLERC, Le Royaume Caché, Desclée de Brouwer 1987, 225 p.
Éloi Leclerc est connu principalement pour ses oeuvres nous faisant connaître et aimer saint François d’Assise. Les personnes qui ont lu Sagesse d’un pauvre, Exil et tendresse ou Le retour à l’Évangile, connaissent bien ce franciscologue compétent et attachant.
Ce qu’on sait moins de cet auteur, c’est qu’il a été interné dans un camp de concentration nazi durant la dernière guerre. Son séjour dans cet enfer l’a amené à se poser principalement deux questions qui sont toujours d’actualité : le problème du mal dans le monde et le silence de Dieu devant ce mal. Sa réflexion l’a amené à relire les évangiles. C’est le résultat de sa réflexion et de sa relecture qu’il nous donne dans Le Royaume Caché.
L’écriture coule de source, la lecture est relativement facile et surtout la réflexion nous permet de mieux saisir le dessein de Dieu en envoyant son Fils en notre monde : s’approcher de nous pour nous manifester la tendresse du Père. Ce livre, qui date déjà d’une vingtaine d’années et que j’ai déniché en faisant le ménage de ma bibliothèque, est rafraîchissant et surtout il donne ou maintient l’espérance aux jours où il fait sombre dans notre vie et où Dieu se tait.Retour au sommaire
==============Confession d'un cardinal
Olivier LE GENDRE, Confession d’un cardinal, JC Lattès 2007, 413 p.
Olivier Le Gendre est bien connu pour sa connaissance de l’Église, du Vatican, etc. Son livre Lettre aux successeurs de Jean-Paul II (Desclée de Brouwer 2002) a connu un bon succès et témoigne de sa compétence en matière de papauté et d’Église. Voici qu’il récidive, si l’on peut dire, avec sa Confession d’un cardinal.
Concernant l’authenticité du cardinal, des questions se posent : s’agit-il d’un cardinal bien réel, ou de plusieurs cardinaux regroupés sous un seul chapeau cardinalice évidemment, ou d’une astuce littéraire de l’auteur, inventant un personnage pour exprimer de façon moins lourde ce qu’il veut dire sur l’Église? Pour ma part, je suis porté à répondre plutôt affirmativement à la troisième question.
Peu importe la véracité du cardinal en question, il reste que l’auteur nous amène à une réflexion riche, large et profonde, sur les grandeurs et les difficultés de l’Église du passé mais surtout du présent et du futur. Il n’évite pas les questions même délicates comme le génocide au Rwanda ou la pédophilie aux États-Unis. Il nous fait pénétrer, par l’intérieur, dans le monde de la papauté, des conclaves, des personnalités des Papes précédant immédiatement Benoît XVI : Paul VI, Jean-Paul II.
Le livre est, en général, fascinant à lire même s’il comporte quelques longueurs et si les dialogues entre l’auteur et le cardinal n’échappent pas à une certaine artificialité due au procédé littéraire adopté par Le Gendre. Il faut noter les belles descriptions que fait l’auteur de divers lieux visités par le cardinal et son interlocuteur, comme les jardins du Vatican, la Place St-Pierre, le Palais des Papes à Avignon, sans oublier les restaurants de Rome. La partie qui m’a personnellement le plus intéressé et touché est la visite de divers endroits très pauvres, mal famés même, où la charité chrétienne, discrètement et humblement, s’épanouit comme une petite fleur dans le jardin de l’humanité et de l’Église.
Voilà donc un livre qui instruit, qui pose de bonnes questions, qui fait réfléchir et qui, en bout de compte, nous fait comprendre et aimer davantage l’Église.Retour au sommaire
========Jésus de Nazareth
Joseph RATZINGER, Benoît XVI, Jésus de Nazareth, Connaître et comprendre Jésus, Flammarion 2007, 429 p.
Au premier abord, ce livre se présente comme doublement intéressant puisqu’il parle de Jésus et que son auteur est le Pape en personne. Benoît XVI, dans l’avant-propos, parle de ce livre comme le fruit d’un long cheminement et de la fréquentation de nombreux auteurs qui ont écrit sur Jésus. Il parle de ce livre comme « la première partie » d’un ouvrage qui, on le suppose, en comportera au moins une deuxième. De fait, la première partie s’arrête pratiquement à la Transfiguration du Seigneur, n’abordant pas encore la passion, la mort et la résurrection du Christ.
Benoît XVI nous présente le fruit de ses lectures, de ses recherches et de ses méditations, peut-être aussi de ses cours universitaires. Ses références nombreuses à d’autres exégètes, notamment allemands et français, qu’il critique au passage en positif et en négatif, le laissent entendre. L’allure quelque peu académique de la réflexion, semblable à celle d’un scholar, alourdit parfois le texte et rend la lecture plus aride. De plus, la pensée allemande se déplie d’une manière plutôt circulaire. façon à laquelle l’esprit français formé au culte de la pensée claire est moins familier.
Cela dit, le livre contient de fort belles choses non seulement sur le plan intellectuel mais surtout au plan spirituel. Pour ma part, j’ai particulièrement apprécié les réflexions sur le Notre Père et les commentaires de trois paraboles de Luc (le bon Samaritain, les deux frères et le père miséricordieux, le riche et le pauvre Lazare).
La grande question qui sous-tend tout le livre, le Pape l’exprime ainsi : « Qu’est-ce que Jésus a vraiment apporté, s’il n’a pas apporté la paix dans le monde, le bien-être pour tous, un monde meilleur? » Et la réponse du Pape est à la fois simple et immense : « Il a apporté Dieu. »Retour au sommaire
==========27 avril 2008
LUCILLE TEASDALE, Docteure Courage
Deborah COWLEY, Lucille Teasdale, Docteure Courage, XYZÉditeur, Montréal 2007, 195 p.
L’histoire de Lucille Teasdale relève presque des récits épiques. Cette femme, née dans l’est de Montréal, décida un jour qu’elle serait médecin et médecin chirurgien. Après de brillantes études à l’Université de Montréal, elle poursuit sa recherche à Paris. Elle rencontre un milanais, Piero Corti, médecin lui aussi, qui rêve de fonder un hôpital ou plutôt un complexe hospitalier en Afrique. Il convainc Lucille de le suivre. Cette décision fut pour elle un tournant important dans sa vie et dans sa carrière.
Ils s’installèrent en Ouganda avec des moyens de fortune. Mais, à force de courage, de créativité et d’opiniâtreté, ils finirent non seulement par créer le fameux complexe rêvé mais aussi à organiser une école pour Africains et Africaines. Le rêve des époux Corti était, en effet, que l’hôpital puisse être complètement géré par des autochtones.
Établis à Lacor, en Ouganda, ils se marièrent et eurent une petite fille, Dominique. Ils eurent à subir les affres de plusieurs guerres civiles et aussi le régime du fameux Idi Amin Dada. Lucille travaillait au bloc opératoire une dizaine d’heures par jour. Rien ne l’arrêtait. Son courage n’avait d’égal que son désir de venir en aide aux malades qui affluaient à l’hôpital.
C’est à cette époque que le VIH fut identifié. Elle fut atteinte du sida qu’elle contracta sans doute en opérant des soldats rebelles. Il arrivait que, même avec des gants, elle se coupait au contact des os brisés maculés de sang. Elle n’en continua pas moins, avec courage et ténacité, a faire son travail de chirurgienne en y mettant d’infinies précautions. Elle mourut à soixante-sept ans après dix ans de lutte contre le sida.
Sa renommée s’étendit en Afrique mais aussi au Canada et dans le monde. Cette femme, croyante, fut une grande bienfaitrice de l’humanité en plus d’être un modèle de courage face à l’adversité et à la maladie.Retour au sommaire
=========LE PETIT MONDE DE SAINT-ANSELME
Michel DAVID, Le petit monde de Saint-Anselme, Guérin, Montréal 2003
Michel David est un merveilleux conteur en plus d'être un excellent connaisseur du monde rural des années 40-50. Ici il nous raconte l'histoire de quelques familles, et plus largement d'un petit village près de Drummondville, Saint-Anselme, d'une paroisse du diocèse de Nicolet.
Jean Bergeron, qui vit dans un petit logement à Montréal et qui n'a plus de travail à cause de la crise économique qui sévit, décide de retourner à Saint-Anselme pour cultiver la terre. Il part avec sa famille et fait vite connaissance avec les voisins. L'entraide entre voisins est monnaie courante. Les mariages aussi. Les familles nombreuses fournissent autant de bras pour les divers travaux des fermes et pour les unions entre les jeunes. Le curé Desmeules veille aux bonnes moeurs.
C'est une vraie fresque de la vie des campagnes de cette époque que David nous peint. Il le fait avec un sens de l'observation remarquable, avec une fine psychologie aussi et avec beaucoup d'amour. On sent qu'il aime ces gens et ce coin de pays.
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Ravel
Jean ECHENOZ, Ravel, Les éditions de minuit 2006, 124 p.
Voici un petit livre qui se lit facilement et qui nous renseigne sur la vie quotidienne du grand compositeur et musicien Ravel. Jean Echenoz nous raconte ses amitiés, ses manies, ses difficultés de vivre, sa façon de composer avec le succès et la célébrité, ses réactions face aux critiques et aux jalousies. Son voyage sur le France et sa tournée américaine, les derniers mois de sa vie, tout est dit simplement, bellement et véritablement.
Un livre à la fois agréable et plein d'humanité.
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Dieu n'est pas mort... mais il est un peu malade
4 novembre 2007
Odon VALLET, Dieu n'est pas mort... mais il est un peu malade, Bayard 2007, 123 p.
Odon Vallet est un spécialiste des religions. Ici il nous trace un portrait de la situation des religions, principalement la catholique mais aussi les protestante et musulmane, en France. Il parle de la dégringolade de la pratique dominicale, des vocations sacerdotales et religieuses, de la crise des ministères, de la diminution des baptêmes, de l'âge des communions, de l'avenir des confessions, de l'absence de messe à certains endroits, du mariage et des aînés.
Le tout est fait sous forme d'entrevue avec Brigitte Canuel. Les réponses sont brèves mais précises. Elles donnent parfois l'impression d'être un peu simplistes ou même cinglantes. Mais, dans l'ensemble, le portrait que trace l'auteur de l'Église de France est intéressant parce que, à bien des points de vue, il ressemble à celui de l'Église du Québec.
Le livre se lit facilement et il fait réfléchir.
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Benoît XVI, Le dernier pape européen
10 septembre 2007
Bernard LECOMTE, Benoît XVI, Le dernier pape européen, Perrin 2006, 163 p.
Bernard Lecomte a une carte d'écriture journalistique impressionnante : ancien chef de service é.tranger de La Croix, reporter à l'Express et rédacteur en chef du Figaro Magazine. Sa biographie de Benoît XVI, fortement documentée, se lit facilement. L'auteur suit Benoît XVI depuis sa naissance en Bavière jusqu'aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Cologne et au Synode sur l'Eucharistie.
Il nous décrit un Ratzinger ressemblant sur certains points à Jean-Paul II dont il veut assurer la continuité et dont il était un ami et confident. Il nous le montre également comme plus timide que son prédécesseur. Grand amateur de livres, penseur, théologien, chercheur et professeur avant tout, il s'est rapidement adapté à sa nouvelle fonction de pape-pasteur. Homme de la continuité historique, il déplore la césure entre le missel latin et le missel en langue populaire, il insiste sur le dialogue oecuménique. Homme d'écoute et de dialogue, il demande l'avis de ses proches et d'experts avant de se prononcer sur une question importante. Comme Jean-Paul II, c'est un Pape avant tout européen qui a beaucoup à coeur que la « nouvelle Europe » ne perde pas ses racines chrétiennes et qui préfère que la Turquie fasse le pont entre l'Europe et l'Asie plutôt que de faire partie de l'Europe.
L'auteur pense que Benoît XVI sera le dernier pape européen, le prochain conclave préférant élire un pape venant d'Amérique latine, d'Afrique ou d'Asie.
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Le don de vieillir
Pierre VAN BREEMEN, Le don de vieillir, Les impulsions de saint Ignace, Bellarmin 2006, 135 pages
Pierre Van Breemen est un jésuite allemand bien connu pour ses écrits spirituels. Ici il nous donne ses réflexions sur le vieillissement qu'il considère comme un don. Notons, en passant, qu'on vieillit à tout âge mais qu'on a l'habitude de parler du vieillissement comme la dernière étape de la vie. Cette étape est à la fois un résumé, une synthèse de toute la vie, et un processus. C'est un temps où on fait le bilan de sa vie et où on se prépare pour l'éternité. C'est le temps de l'action de grâce, des pardons à donner et peut-être à recevoir, des gens qui nous accompagnent durant cette période de notre vie.
La préface est signée du Père Benoît Lacroix, dominicain nonagénaire mais toujours vert. Savoir vieillir, c'est apprendre l'attente et la dépendance en même temps que le silence et la solitude, la gratitude et l'humour même.
Ce petit livre, plein de sérénité et d'espérance, fera du bien aux personnes qui traversent cette étape de la vie et aussi à celles qui les accompagnent dans ce voyage.
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Une place à part entière
Normand PROVENCHER, Une place à part entière, Novalis 2007, 173 p.
Normand Provencher, Oblat de Marie-Immaculée et professeur de théologie à l'Université St-Paul d'Ottawa, vient de publier un petit livre courageux sur la place des divorcés remariés dans l'Église. Il avait déjà montré un certain courage avec son livre Trop tard? où il s'interrogeait sur l'avenir de l'Église particulièrement au Québec.
Ce qui guide l'auteur dans ces deux livres, c'est à la fois un amour certain de l'Église et une fidélité toute aussi certaine à l'Évangile. Il manifeste dans Une place à part entière, un désir profond de venir en aide à un bon nombre de divorcés remariés qui ne trouvent pas entièrement leur place dans l'Église actuelle. L'auteur pose la question : est-il possible, tout en respectant l'indissolubilité sacramentelle du mariage, d'en arriver à admettre les personnes engagées dans un second mariage aux sacrements de la réconciliation et de la communion eucharistique? Il le fait avec honnêteté, franchise et une certaine audace qui rappellent celles de Jésus face aux nombreuses prescriptions de la Loi juive de son temps.
Ce livre ouvre des horizons, pousse à la poursuite de la recherche. Il donnera sûrement de l'espérance à toutes ces personnes qui ont vécu l'échec d'un premier mariage et qui se sont engagées, de façon responsable, dans un second mariage.
L'auteur, en annexe, reproduit une partie de l'Exhortation apostolique Familiaris Consortio de Jean-Paul II sur les tâches de la famille chrétienne dans le monde d'aujourd'hui. Il suggère également un certain nombre d'ouvrages pour continuer la réflexion.
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Mandela
Mike NICOL, Mandela, Le portrait autorisé, Acropole 2006, 356 p.
Un livre magnifique, on ne peut rien dire de plus. Magnifique dans sa présentation : grand format, photos superbes, papier glacé, présentation graphique remarquable. Magnifique dans son contenu qui raconte, ni plus ni moins, la libération du peuple auquel appartient Mandela. Magnifique enfin par son personnage central : Mandela, entré dans l'histoire comme un libérateur de peuple, comme un exemple de ténacité et d'amour des gens mais surtout de la liberté et de la paix.
Il faut parcourir ce livre lentement, s'attarder aux photos, lire et relire les citations de Mandela lui-même et les nombreux témoignages sur sa personne, s'émerveiller de la façon pacifique mais têtue, surtout aimante, que Mandela a prise pour libérer son peuple.
Ce livre fait du bien. Il nous montre qu'au coeur du péché du monde, car c'est bien de cela qu'il s'agit, il y a encore des personnes capables de s'élever au-dessus de la fange humaine pour y chercher ce qu'il y a de bon, de vrai, de pur, et de l'amener à la vie et à la joie d'un peuple et du monde.
À lire absolument et à donner en cadeau tout autant.
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Au coeur du monde
Joan CHITTISTER, Au coeur du monde, Regard spirituel sur le monde d'aujourd'hui, Bellarmin 2006, 213 p.
Joan Chittister est une moniale bénédictine américaine. Le livre publié chez Bellarmin est, en fait, une traduction de In the Heart of the Temple (United Tribes Media Inc., New York). Cette religieuse, bien connue aux États-Unis, à l'instar du moine cistercien Thomas Merton, ne reste pas les bras croisés dans son monastère. Sa contemplation de femme retirée du monde la projette dans ce monde qu'elle parcourt pour dénoncer ce qui n'est pas conforme à l'Évangile et pour précisément annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.
Son livre, s'il est à certains moments un véritable coup de poing évangélique, est surtout un cri d'une disciple inconditionnelle de Jésus, un cri d'amour du Christ en même temps que de tous les humains de ce monde. Son regard sur notre monde se veut spirituel et il l'est certainement. Comme l'Évangile pris au sérieux, il est parfois dérangeant et pour ce monde et pour notre Église.
Chittister nous fait réfléchir, entre autres sujets, sur la place du sabbat dans la tradition juive, sabbat qu'elle réinterprète en parlant du dimanche qui devrait être un jour consacré au Seigneur, au repos, à la prière et à la réflexion. Elle nous interpelle sur la bonne intendance de la création que nous gaspillons à grands coups d'insouciance. Sa réflexion sur la sainteté est aussi originale qu'actuelle, aussi questionnant qu'évangélique. Comme femme et comme religieuse, elle questionne fortement notre Église qui, à ses yeux, ne fait assez de place aux femmes et qui, finalement, oublie trop « la moitié de l'humanité ». Elle interpelle également, comme Américaine, sans ménagement, l'administration de Washington qui cultive plus ses intérêts que ceux de la nation et du monde.
Un livre décapant. Un livre dérangeant. Un livre courageux aussi, du courage même de l'Évangile. Un livre prophétique comme il nous en faudrait encore plusieurs pour nous libérer de notre inertie et de notre inconscience, et surtout pour nous faire retrouver le véritable souffle qui animait Jésus lui-même quand il questionnait les autorités de son temps et qu'il exerçait magnifiquement sa miséricorde envers les mal pris de ce monde et les pécheurs de toutes espèces.
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Des mots d'ados
Étienne GAUDET, Des mots d'ados, Les Éditions de l'Homme, Collection Parents d'aujourd'hui 2006, 159 p.
Ce livre, très actuel, présente les différents problèmes que vivent des adolescents et les gens qui les entourent, d'abord les parents, bien sûr. Il présente ces situations sous formes de lettres que les ados écrivent à différents intervenants dans leur vie. Les titres de ces lettres sont d'ailleurs assez évocateurs. Il vaut la peine de les citer : lettre à une mère surprotectrice, à un père violent, à un père abuseur, à une mère alcoolique et toxicomane, à un frère toxicomane, à des parents divorcés, à une mère négligente, à une soeur rivale, à une amie dépressive, à une amie anorexique, à un ami délinquant, à un professeur, à un policier, à une amie suicidaire, à un père joueur pathologique, à l'enfant que j'aurai, à ma gang, à tous ceux qui me rejettent, à mes parents adoptifs, à mon père macho et homophobe, à mon intervenant, à ma blonde.
Ce qui ajoute beaucoup d'intérêt à ce livre, c'est que ces lettres d'ados sont toutes suivies d'une réponse de ceux à qui ils écrivent. On voit donc les deux points de vue, et celui de l'envoyeur et celui du destinataire. En plus, à la fin de chaque deuxième lettre, l'auteur propose des questions aux parents et formule une courte réflexion sur le problème évoqué dans la lettre de l'ado.
Enfin, en dernière partie du livre, une foule de ressources (sites internet, organismes divers, livres, etc. ) sont énumérées et brièvement décrites qui peuvent aider les divers intervenants, notamment les parents, auprès des adolescents, par exemple : surprotection parentale, violence parentale, abus sexuels, consommation d'alcool et de drogue, négligence parentale, rivalité dans la famille, problèmes alimentaires, justice, loi et délinquance, services de police, jeu pathologique, grossesse à l'adolescence, rejet, taxage et intimidation, adoption, orientation sexuelle, ordres professionnels québécois, relations amoureuses à l'adolescence.
L'auteur est psychoéducateur et intervenant en toxicomanie auprès des adolescents et de leurs familles. Il connaît son métier et surtout on sent qu'il aime les jeunes et leurs proches. Il produit ici un livre bien présenté, facile à lire et d'une grande utilité pour quiconque est jeune et s'intéresse aux jeunes.
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Dernière escale
Jean-Paul DESBIENS, Dernières escale, Journal 2001-2005, Septentrion 2006, 283 p.
Le célèbre Frère Untel publie, avec Dernière escale, la neuvième tranche du journal qu'il tenait depuis quarante-cinq ans. Je dis bien « tenait », car Jean-Paul Desbiens nous a quittés pour un autre monde il y a quelques mois. L'illustration de la couverture, qui reproduit un tableau d'Adrien Hébert (Dans le port de Montréal, le S.S. Montcalm, Musée d'art contemporain 1925), parle par elle-même. Le bateau de la vie de Desbiens rentre au port. Le 31 décembre 2005, il écrit : « Durant l'année 2005, ma santé s'est considérablement détériorée. J'ai passé les cinq derniers mois à notre infirmerie à Château-Richer. Dès lors, Dernière escale est le titre qui s'imposait pour cette tranche de mon journal. »
Fidèle à lui-même, l'auteur n'est pas moins intéressant ni moins direct dans cette tranche que dans les autres. Amateur de livres, philosophe à ses heures et croyant sincère et droit, il ne manque pas de commenter l'actualité avec son franc-parler habituel. S'il raconte ses rencontres avec des amis, il écorche au passage certaines personnes qui ne se comportent pas à son goût. Ainsi, à l'occasion de la mort de Jean-Paul II, il ne comprend pas pourquoi Gilles Kègle a refusé l'invitation de Jean Charest d'assister aux funérailles du Pape (p. 176), et, à l'occasion de l'élection de Benoît XVI, il réagit de manière costaude aux propos de Soeur Gisèle Turcot, supérieure générale des Religieuses Notre-Dame-du-Bon-Conseil (p. 184). Mais il devient pathétique quand son grand ami Paul Tremblay lui parle de la maladie qui l'emportera (p. 133, 167) Il décrit lui-même, avec détachement et foi, les divers symptômes des maladies qui finiront par le conduire à son dernier repos.
À cause peut-être du fait que c'est la dernière tranche, ce journal revêt un caractère particulier. Il nous révèle encore plus l'homme honnête, droit, franc, intelligent, réfléchi, aimant suffisamment l'humanité pour la questionner et la critiquer à l'occasion. Il nous révèle également le religieux à la foi profonde, à l'espérance solide et à l'amour de son Dieu et des autres sans équivoque. À cet égard, ses commentaires d'Écriture sont toujours savoureux et à point.
Le bateau est rentré au port. Paix à son âme. Et merci infiniment!
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Étonnante Église
Gregory BAUM, Étonnante Église, L'émergence du catholicisme solidaire, Bellarmin 2006, 230 p.
Gregory Baum n'est pas le dernier venu en théologie. Il ne l'est pas non plus en oecuménisme. Il signe ici une oeuvre fort intéressante en même temps que très enthousiaste. Ce qui a provoqué l'étonnement joyeux et reconnaissant de l'auteur, c'est la capacité extraordinaire qu'a l'Église de tenir compte des « signes des temps » dans son enseignement. Cette expression, « signes des temps », vient en ligne droite du Christ qui reprochait aux pharisiens et aux sadducéens de ne pas savoir précisément lire ces « signes ». (Matthieu 16, 3) Cette expression fut, si l'on peut s'exprimer ainsi, remise à la mode par le regretté Jean XXIII, notamment à l'occasion du Concile. Le Pape parlait alors des « signes des temps » comme parole de Dieu pouvant permettre à l'Église un « aggiornamento », une « mise à jour » constants.
C'est cette capacité qu'a l'Église de lire les signes des temps et de les traduire dans son enseignement qui a émerveillé Baum. Dans son livre, il explore particulièrement cette « capacité » pour les droits de la personne, la présence rédemptrice de Dieu dans l'histoire, l'option préférentielle pour les pauvres, la culture de la paix, le pluralisme religieux. De toutes ses réflexions, il conclut qu'au-delà du « versant sinistre de la modernité », le magistère change d'idée mais que l'identité catholique se continue et tend de plus en plus vers ce qu'il appelle « un catholicisme solidaire ».
L'étude est fouillée, fort bien documentée, très bien écrite. Baum écrit avec enthousiasme : c'est sans doute ce qu'il fallait pour traduire sa joie de voir ainsi l'Église écouter les « signes des temps » et pour nous la communiquer le plus possible.
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Le don du temps
André DOYON, Le don du temps, Anne Sigier 2006, 203 p.
André Doyon est un Oblat de Marie-Immaculée, mais c'est avant tout un grand croyant, un magnifique espérant et un homme qui aime passionnément Dieu et les humains. Ici, il fait porter sa réflexion sur le troisième et le quatrième âges, autrement dit sur la vieillesse. Ce pasteur a certainement rencontré bien des personnes âgées et il a sans doute lui-même une longue feuille de route.
Son livre est apaisant et rassurant. Il est plein d'observations fines de psychologie et surtout d'amour de Dieu et des gens. Il souligne à la fois combien la vieillesse est un âge rempli d'expériences riches et positives mais portant avec lui son lot de questions, d'inquiétudes et d'épreuves. Il montre combien la foi et l'espérance en un Dieu bon et miséricordieux peut faciliter ce dernier droit de la vie et préparer la traversée du pont qui conduit à Dieu.
Ce livre, s'il est bon pour les personnes âgées, est également utile pour toutes les personnes qui gravitent autour d'elles : les parents, les proches, le personnel soignant, les pasteurs, etc. Il est facile à lire et bien présenté. Et on sent que l'auteur aime ses lecteurs et qu'il ne demande pas mieux que de leur être utile.
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Raconte-moi une histoire
Rodrigue LAGACÉ, Raconte-moi une histoire, La Plume d'Oie 2005, 185 p.
Ce livre, préfacé par le P. Benoît Lacroix, o.p., se lit comme un vrai roman. Pourtant, il parle d'une chose aussi sérieuse et difficile que l'homélie. Il nous montre combien l'homélie est loin des « sermons » d'autrefois et qu'elle se veut une véritable conversation familière avec les gens. C'est pourquoi les histoires, les contes, les fables, en constituent un ingrédient important.
L'auteur veut nous faire saisir combien les histoires font partie de notre quotidien, de notre héritage, de notre patrimoine. Il montre combien la Bible est, au fond, un grand livre d'histoires. Jésus lui-même, quand il enseignait, utilisait volontiers des histoires pour se faire comprendre.
Pour illustrer son propos, l'auteur imagine un dialogue avec une plante sauvage qui pousse dans les sous-bois et qu'on retrouve au printemps au milieu des trilles. Cette plante porte un nom populaire qui convient parfaitement au propos de Lagacé. Il s'agit du Petit Prêcheur (en anglais : Jack in the Pulpit). Effectivement, cette plante se présente comme s'il y avait un prédicateur dans une chaire en train de nous parler. C'est incroyable tout ce que cette plante a enseigné à l'auteur et il en est tellement enthousiaste qu'il ne peut résister à la tentation de nous le communiquer.
Le livre se lit facilement. Avec un sourire au coin des lèvres, l'auteur nous fait découvrir ou redécouvrir les dessous de l'homélie et émaille ses propos de nombreuses histoires toutes plus intéressantes les unes que les autres.
C'est Luther, le grand prêcheur protestant, qui disait : « Quand je parle de justification, les gens toussent et baissent la tête; quand je raconte des histoires, ils lèvent les yeux et ils écoutent. » C'est tout dire!
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Le pari du coeur
Robert JOLICOEUR, Le pari du coeur, L'histoire émouvante du curé Jolicoeur, Presses de la Renaissance 2006, 286 p.
Le curé Jolicoeur n'a guère besoin de présentation. Il est fort connu dans son milieu de Sherbrooke et, par l'émission Évangélisation 2000 et ses présences à la radio, il a, depuis des années, largement débordé le paysage de l'Estrie. Cela sans compter ses apparitions remarquées à des matchs de baseball, ses nombreux voyages, etc.
Robert Jolicoeur, s'il a le don de la parole parlée, a également celui de la parole écrite. Son livre se lit facilement. Son style n'est pas compliqué et si, comme le dit Buffon, « le style, c'est l'homme », alors l'homme doit être fort sympathique.
Dans cette autobiographie, l'auteur montre combien son enfance, modeste au plan financier mais riche au plan humain, l'a profondément marqué. Son attrait pastoral pour les petits, pour les pauvres, pour les marginaux, ont pris racine dans son milieu familial montréalais. D'autres influences viendront, par la suite, marquer cet homme et ce prêtre de leur empreinte dans son action pastorale et spirituelle. Parmi ces influences, on peut signaler son séjour chez les moines de St-Benoît-du-Lac et ses rencontres avec ses deux évêques Mgrs Fortier et Gaumond.
Ce que j'ai particulièrement retenu de ce pasteur hors pair, c'est d'abord son approche profondément humaine des gens à qui il est envoyé : langage simple, communication facile, dialogue chaleureux, le coeur sur la main, etc. J'aime bien sa pastorale des petits pas, des « un par un », dans la rue, son acceptation inconditionnelle de chaque personne, etc. Et on voit bien que sa pastorale ne serait pas ce qu'elle est si elle n'était pas en même temps nourrie par une vie spirituelle constante et riche.
Bien sûr, tous ne peuvent imiter le curé Jolicoeur : chacun a ses charismes et ses limites. Mais il fait bon de voir comme les choix de Dieu sont diversifiés et que, s'il a toujours beaucoup d'amour quand il choisit ses pasteurs, il sait également parfois colorer cet amour d'un bel humour qui fait du bien à tout le monde.
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Miséricorde
Roger POUDRIER, Miséricorde, Six cas particuliers, 2004, 103 p.
Ce petit livre, tout à fait savoureux, fera réfléchir plus d'un lecteur. Le Père Poudrier, franciscain, prédicateur itinérant, nous avait déjà charmé et agréablement surpris avec, entre autres, son Insoumis de Nazareth (Médiaspaul). Le P. a un parti-pris avoué pour l'Évangile qu'il met en dialogue, et parfois en opposition, à la loi. À sa manière, c'est un nouveau saint Paul qui n'hésitait pas à montrer les contradictions qu'il y avait entre la Loi juive et l'Évangile. C'est aussi un disciple attentif de Jésus qui confondait les pharisiens à cheval sur la lettre de la Loi et fort distants des « pécheurs » de leur temps.
La première partie de son livre est un plaidoyer pour la pensée et pour la conscience personnelle. S'appuyant notamment sur le Catéchisme de l'Église catholique (publié en 1992 et retouché en 1997), il montre qu'on ne peut faire abstraction de l'intelligence dans l'agir chrétien et que celle-ci est au service avant tout de la charité, de la recherche de la volonté du Père, de la tradition vivante. Cette pensée qui modèle l'agir chrétien n'appartient pas uniquement aux évêques et aux théologiens mais aussi aux fidèles. Il montre également que c'est la conscience de chaque individu qui est finalement le dernier juge des actes humains.
S'appuyant sur la parabole des invités au « grand dîner » (Luc 14, 15-24), où ce sont les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux qui finalement entrent dans la salle du festin, et sur le récit de la femme adultère (Jean 8, 3-11), où Jésus apparaît comme un maître de croissance pour tous, comme quelqu'un qui reconnaît le péché sans condamner les pécheurs, il montre que, si le péché est limité, la miséricorde divine est infinie : « Là où le péché a abondé, la grâce à surabondé » (Romains 5, 28); Dieu a infiniment plus de capacité de nous pardonner que nous avons de capacité de pécher.
Ensuite l'auteur applique les principes énoncés dans les deux premières parties de son livre à six cas particuliers, courants dans notre monde moderne et qui embarrassent bien des moralistes et inquiètent bien des personnes vivant de telles situations : l'adultère (marié et parfois infidèle), le concubinage (non mariée et fidèle), la fidélité nouvelle (remarié et fidèle), l'union civile (une amie fidèle à son amie), la masturbation (un veuf se caresse) et le suicide (un être cher s'en est allé). Dans tous ces cas, le P. insiste sur la valeur de fidélité au Père et sur la miséricorde divine. Les cinq premiers cas, qui se rapportent tous plus ou moins à la vie du couple, lui donnent l'occasion de faire une bonne réflexion sur la sexualité humaine, hétéro et homo. S'appuyant sur la bonté miséricordieuse de Dieu, largement décrite dans les Évangiles, il montre comment Dieu a toujours le goût de recommencer avec nous, qu'il est bien plus tolérant (miséricordieux) que beaucoup ne le pensent. Il montre également l'importance de respecter le cheminement des personnes. Ses positions sur les unions libres, sur les divorcés remariés, sur les couples homosexuels et sur la masturbation en particulier, en étonneront sans doute un certain nombre, mais elles donneront beaucoup d'espérance à toutes les personnes qui vivent de telles situations.
Le P. présente ses positions comme autant de pistes de réflexion. Il ne les propose pas comme des dogmes. Il reste ouvert à d'autres positions et n'hésite pas à les demander même. Il ne se prend pas pour un autre. Mais sa large expérience de pasteur, de prédicateur et de confesseur, l'a amené, d'une part, à méditer en profondeur l'Évangile et à y découvrir, comme un trésor magnifique, la très précieuse miséricorde du Seigneur, et, d'autre part, à ouvrir bien grandes les portes de l'espérance divine à tous ceux qui, trop souvent, se croient rejetés et même exclus du Royaume.
Ce petit livre courageux est à lire tout doucement comme on sirote une bonne liqueur revigorante. C'est un véritable bain d'Évangile en même temps qu'une source pleine de lumière et d'espérance. Il apporte un vent de fraîcheur évangélique à toutes les personnes, qui, de près ou de loin, sont aux prises avec les chaleurs torrides de situations difficiles et apparemment inextricables.
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L'insoumis de Nazareth
Roger POUDRIER, L'insoumis de Nazareth, Les controverses de Jésus avec les autorités, Médiaspaul 1999, 195 p.
Ce livre, facile à lire, mérite d'être lu attentivement. Et cela pour diverses raisons.
D'abord, il nous présente un Jésus vu à travers la lunette de chacun des quatre évangélistes. À lire l'auteur, on constate que le Jésus de Matthieu n'est pas tout-à-fait celui de Marc et que celui de Luc n'est pas non plus exactement celui de Jean. Déjà cette première approche nous permet de mieux saisir les intentions littéraires et pastorales de chacun des évangélistes.
Ensuite, ce qui fait l'originalité de ce livre, c'est qu'il nous présente Jésus à travers les controverses nombreuses auxquelles il a été confronté avec les pharisiens, les sadducéens, les scribes et les prêtres en particulier. Le regard ainsi porté sur cet aspect particulier et considérable des évangiles nous fait découvrir un Jésus qui justifie amplement le titre du livre c'est-à-dire un Jésus insoumis aux traditions des anciens et aux interprétations que faisaient les autorités religieuses du temps de la Loi. Toujours Jésus place la personne au-dessus des observances religieuses et légales (par exemple : le sabbat est fait pour l'homme et non l'inverse), toujours Jésus apparaît comme venant non pour juger ou condamner mais pour sauver, toujours Jésus distingue le péché du pécheur, toujours il place la miséricorde et le pardon au-dessus de la « loi du talion ». Pas étonnant alors que cet insoumis, ce laïc marginal, ait fait rager les autorités du temps au point qu'ils ont fini par vouloir rien de moins que sa peau!
Enfin, le livre apporte un vent de fraîcheur sur la véritable identité de Jésus qui est à la fois « vrai Dieu et vrai homme », sur la foi qui ne saurait s'identifier à aucune forme de religiosité, de légalisme ou de conformisme religieux. Il nous fait aimer, encore plus si cela est possible et ce n'est pas peu dire, Jésus lui-même de même que les évangiles.
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Au nom de Jésus
Henri J.M. NOUWEN, Au nom de Jésus, Novalis 2005, 90 p.
Voici un petit livre du P. Nouwen, peut-être l'un de ses meilleurs. Officiellement, c'est une réflexion sur le leadership chrétien et plus particulièrement sacerdotal. Mais, plus profondément, c'est une grande leçon d'évangile.
Le P. Nouwen était un professeur réputé d'Université (Harvard, etc.), conférencier recherché, écrivain talentueux. Or, voici qu'un jour il est invité, avec insistance, par Jean Vanier à devenir aumônier d'un Foyer de l'Arche à Toronto (Daybreak). Cet immense tournant dans sa vie a complètement changé sa vision de la spiritualité chrétienne, du ministère sacerdotal. Au fond, les handicapés mentaux de l'Arche sont devenus ses vrais maîtres, ses meilleurs évangélisateurs. Et lui, qui arrivait un peu comme une cruche pleine à Daybreak, s'est aperçu qu'il avait encore beaucoup à apprendre.
S'inspirant du récit des trois tentations du Christ (Matthieu 4, 1-11) et de la rencontre de Jésus ressuscité avec Pierre (Jean 21, 15-19), il développe les trois idées suivantes sur le leadership chrétien et presbytéral : 1- de la tentation de la pertinence à l'importance de la prière; 2- de la tentation de la popularité à l'importance du service; 3- de la tentation de mener (le pouvoir) à l'importance d'être mené. Le leader de demain, et d'aujourd'hui, est appelé à être rien de moins qu'un mystique contemplatif, un être de dialogue ouvert et vrai avec les gens, un pasteur capable de réflexion théologique.
Un petit livre inspiré et inspirant, qui renverse bien des perspectives et bouleverse bien des idées reçues. Un vrai retour à l'évangile.
À lire et à vivre par tous et particulièrement par les pasteurs, actuels et futurs.
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Sous le soleil de la pitié
Jean-Paul DESBIENS, Sous le soleil de la pitié, Éditions du Jour 1965, 122 p.
À l'occasion du décès de Jean-Paul Desbiens, le célèbre Frère Untel, j'ai relu sa courte biographie ainsi que ses pensées philosophiques qu'il avait écrites il y a plus de quarante ans. J'ai d'abord savouré la qualité d'écriture de ce Frère. J'ai ensuite goûté à son érudition remarquable : c'est incroyable la quantité d'auteurs qu'il a « bouffés » et surtout assimilés, montrant par là non seulement une mémoire remarquable mais une intelligence encore plus remarquable. J'ai enfin découvert comme cet homme s'est pour ainsi dire fabriqué à travers plusieurs épreuves (famille très pauvre, longue maladie, persécutions, etc.) et comme il est devenu une sorte de prophète pour notre peuple. Cet homme aimait véritablement la personne humaine et le peuple canadien-français.
Sa lutte pour un français parlé et écrit correctement n'est que la pointe du iceberg de sa lutte pour la découverte du sens de la vie des personnes et d'un peuple, pour l'éducation et la compétence. Ce qu'il a écrit il y a plus de quarante ans révèle chez lui des qualités de visionnaire peu commun.
Ce petit livre, qui se vendait à l'époque un dollar, vaut bien plus que son pesant d'or. À lire ou à relire.
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L'abbé Pierre parle aux jeunes, Marche vers l'essentiel
Abbé PIERRE, L'abbé Pierre parle aux jeunes, Marche vers l'essentiel, Éditions du Signe 2004, 225 pages.
L'abbé Pierre avait quatre-vingt-onze ans quand il a écrit ce livre. Ses réflexions sont celles d'un « vieux sage » qui a longuement réfléchi sur la vie, la sienne et celle des autres, particulièrement celle des plus démunis. On sent, tout au long du livre, que cet homme, chargé d'années, d'expériences et d'engagements, aime les jeunes et qu'il veut leur livrer, comme un cadeau, ce qui lui tient le plus à coeur pour eux.
L'abbé Pierre ne juge pas. Il regarde et il aime. Il voit la misère du monde mais il voit aussi l'espérance énorme que peut apporter la jeunesse à ce monde parfois si désemparé. Alors, il réfléchit tout haut et très simplement, familièrement même, sur les relations avec les autres, sur l'engagement, sur notre société et sur la recherche d'absolu.
Le livre, émaillé de belles photos de l'abbé et publié sur un papier lustré de belle qualité, se lit bien. Il fournit une bonne réflexion utile aux jeunes... et aux moins jeunes. L'abbé Pierre est reconnu pour son franc-parler et pour la liberté de ses engagements. Ici, il nous ouvre son coeur riche d'une longue vie remplie d'engagements mais aussi de contemplation de son ami le Seigneur.
Voici un livre facile à lire et qui fera du bien à ses lecteurs.
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Charles de Foucauld
Jean-Jacques ANTIER, Charles de Foucauld, Perrin 2004, 383 p.
Cette biographie du Frère Charles, qui se lit comme un roman, nous rappelle qu'il y a des tempéraments si entiers que c'est « tout ou rien ». À cet égard, Foucauld ressemble à la grande Thérèse d'Avila. À d'autres égards, Charles ressemble à saint Augustin : il eut, en effet, avant sa conversion une vie mondaine assez ollé, ollé!
Militaire dans l'âme, explorateur audacieux du Maroc, il ne craignait pas les aventures risquées et les projets dangereux. C'est peut-être cela qui l'a décidé un jour à s'embarquer dans la grande aventure du Christ. Alors ce fut la vie dans le radicalisme de l'Évangile à l'état pur : dénuement complet, abjection totale, amour inconditionnel du Christ eucharistique en particulier, vie de pauvreté extrême. Pour vivre son engagement envers le Seigneur, il vécut d'abord en moine, puis en serviteur de moniales et finalement s'établit au désert où il vivait avec des nomades. Il a vainement essayé de les convertir au christianisme et a fini par comprendre que « le salut peut exister hors de l'Église ». Ses longues heures de contemplation devant le St-Sacrement, ses autres heures passées à faire la charité aux arabes très pauvres qui venaient quémander nourriture, travail, etc. lui avaient acquis une réputation de sainteté dès son vivant.
Il a voulu s'identifier au Christ le plus possible dans sa pauvreté, son dénuement, son rejet et sa mort. Il fut effectivement ligoté, dépouillé de ses vêtements, mis à genoux et mourut d'une balle tirée sous son oreille droite et qui ressortit par son oeil gauche. Il est mort en ayant converti une seule personne et en n'ayant recruté aucun membre pour sa fraternité. Mais, comme un grain de blé tombé en terre et comme le Christ, une fois mort, son rayonnement n'a cessé. Aujourd'hui des Fraternités nombreuses existent un peu partout dans le monde, qui essaient de vivre l'idéal évangélique que ce marabout chrétien avait enseigné plus par sa vie que par sa parole.
Jean Guitton disait de lui : « Charles de Foucauld est un homme qui ne cesse de naître. Il apparaîtra demain comme l'un des plus spirituels français de ce siècle et, sans doute, comme un saint. »
Jean-Paul II disait aux évêques d'Afrique du Nord : « Dans leur recherche du vrai et du bien, nos contemporains ont tendance à préférer les témoins authentiques et discrets, signe de salut pour la famille humaine. Ce fut l'intuition de base d'un grand homme de Dieu de votre région, le père Charles de Foucauld, qui a cherché à manifester l'Évangile de façon laborieuse et cachée, dans le silence où Dieu signifie sa présence à la manière d'une brise légère. »
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Anges & démons
Dan BROWN, Anges et démons, JC Lattès 2005, 569 p.
L'auteur du Da Vinci Code a écrit, en 2000, un roman qui a été traduit en 2005 sous le titre de Anges et démons. L'histoire est moins compliquée que celle du Code et donc plus facile à suivre. Elle n'en est pas moins fascinante. Il s'agit d'un excellent thriller.
Le CERN, un centre suisse de recherches scientifiques très avancées, a réussi à produire de l'antimatière, formidable découverte qui peut être aussi bien utilisée pour le bien que pour le mal. Les Illuminati, une secte anticatholique, qu'on croyait disparue dans la nuit des temps, réapparaît et élabore un plan diabolique pour éliminer de la carte le Vatican. Vittoria Vetra, une scientifique chevronnée doublée d'une sportive accomplie, est la fille de Leonardo, l'inventeur de l'antimatière. Robert Langdon, quant à lui, est professeur à Harvard et spécialiste de la symbolique. Le Père Vetresca est camerlingue du Vatican et s'occupe de l'élection du futur Pape. Voilà l'histoire en gros.
L'auteur a le génie de mettre en scène divers personnages, anges et démons, qui en luttant les uns contre les autres ou les uns pour les autres, soutiennent l'intérêt du lecteur d'un chapitre à l'autre. Brown écrit, il ne faudrait pas l'oublier, une oeuvre de fiction : il ne faudrait pas conclure trop vite qu'il y a des intrigues de palais au Vatican comme celles décrites dans son roman. Comme pour le Code Da Vinci, l'auteur se sert de données réelles, par exemple l'histoire des Illuminati, les archives secrètes du Vatican, le passetto entre le Vatican et le Château St-Ange, certaines églises de Rome, etc., pour étoffer son histoire. C'est sur ces données réelles qu'il écrit son roman. Brown est un familier des sociétés secrètes et de la symbolique; il connaît bien également les dédales du Vatican et les dernières avancées de la science, ce qui lui permet d'élaborer un roman d'une grande puissance et d'un grand intérêt certain.
Cela dit, l'oeuvre demeure fort intéressante. Elle montre tout ce qu'il y a de bon, de moins bon et de carrément pas bon dans le coeur humain, y compris chez les plus hauts dignitaires ecclésiastiques et les plus grands scientifiques. Elle nous permet également de constater que le dialogue entre la foi et la science, s'il est nécessaire, n'est pas toujours facile. Elle fournit un bon divertissement pour les lecteurs avides de sensations fortes.
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Mon Dieu... pourquoi?
Abbé PIERRE avec Frédéric LENOIR, Mon Dieu... pourquoi? Plon 2005, 108 p.
Ce petit livre, qui contient l'essentiel d'un dialogue étalé sur un an entre l'abbé Pierre et son ami Frédéric Lenoir, a beaucoup fait parler de lui, principalement par le célèbre nonagénaire avouait qu'il avait cédé au désir sexuel de « manière passagère ». Mais au-delà de cette affirmation pétillante de vérité et de bonne santé, l'abbé Pierre nous livre des réflexions sur l'Église, le Pape, la liberté, le péché, l'évolution, la place de la femme dans l'Église, le mariage des prêtres, l'homosexualité, etc. Il parle surtout d'amour, celui qu'il reçoit de Dieu et des gens et celui qu'il leur donne. L'amour est communion, voilà l'essentiel.
Ce livre est celui d'un homme libre qui dit tout haut ce qu'il pense. C'est un livre libérateur, un livre qui fait réfléchir et qui donne des raisons à la fois simples et profondes de croire. C'est le livre d'un homme, d'un chrétien et d'un prêtre, dont la vie, la sienne et celle des autres, a été un grand maître.
À sa manière, ce petit livre est un vrai catéchisme qui ouvre sur la vie, sur les autres et sur Dieu. Une sorte de testament spirituel combien riche et combien bon!
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Par-delà l'automne
Paul TREMBLAY, Par-delà l'automne, Anne Sigier 2005, 205 p.
Paul Tremblay était un prêtre du diocèse de Chicoutimi. Je dis « était » puisque il est décédé il y a moins d'un an à la suite d'une longue maladie. Mais Paul était plus que le pasteur d'une paroisse d'un diocèse, il était un grand fidèle de l'Église et un vrai citoyen du monde. C'était aussi pour moi un bon ami. J'ai eu l'honneur de lui succèder à la direction de l'Office de Catéchèse du Québec.
Ce prêtre, théologien, pasteur et sociologue, a voulu, avant de quitter cette terre, jeter un regard lucide et plein d'espérance sur la vie des humains, la vie de l'Église et la vie de notre monde. Il l'a fait en réfléchissant à partir de cette belle saison de l'automne et de ce qui arrive après elle. Il était lui-même à l'automne de sa vie : atteint d'un cancer, il pouvait projeter un regard sur son propre automne et sur son au-delà. Comme baptisé et comme pasteur, il était membre de l'Église qu'il aimait et qu'il entrevoyait comme étant elle aussi à l'automne de sa vie. Comme humain et comme habitant de cette terre, il réfléchissait par-delà son automne.
Paul était un être de réflexion et de méthode. On peut facilement distinguer les étapes de son manuscrit et la démarche de sa pensée. Que ce soit pour la vie humaine ou pour l'Église ou encore pour le monde, Paul procède toujours de la même façon : il commence par regarder, à travers la loupe de l'automne, la vie de la personne, de l'Église et du monde; ensuite, il fait appel à l'Écriture, à ce livre de sagesse, qui lui permet d'apporter un éclairage biblique sur ce qu'il a observé, à l'aide de personnages comme Jacob, Élie, Jérémie, Jonas, l'aveugle-né, les disciples d'Emmaüs, etc., ou de récits comme le bon Samaritain, la veuve de Sarepta, etc.; enfin, il dégage des chemins d'avenir, des « par-delà l'automne ».
Paul est plus qu'